Communiqué de presse – Saint-Denis 18 septembre 2017

Fin des contrats aidés : précarisation du secteur culturel

Le gouvernement français prévoit de supprimer une grande partie des contrats aidés d’ici 2018, ce qui fragilisera durablement de nombreux secteurs non marchands. En première ligne : le domaine culturel.

Jugés trop coûteux et peu efficaces dans la lutte contre le chômage, les contrats aidés sont sur le point d’être définitivement éradiqués du système d’insertion professionnel français, mettant en péril tout un écosystème vertueux (santé, éducation, culture, mairies…) incapable de pallier ce manque imminent de petites mains, tant en termes d’organisation des équipes que sur le plan financier.

Déjà en proie à des difficultés financières grandissantes et des budgets qui s’amenuisent, le domaine culturel vit cette mesure drastique comme une contrainte supplémentaire. C’est que la fin des contrats aidés pose nécessairement des problèmes structurels et de personnel, tant dans les écoles, les villes, les hôpitaux que les associations culturelles. Si l’éducation nationale parvient à tirer son épingle du jeu en sauvant 110 000 de ses contrats, le secteur culturel n’est quant à lui, une nouvelle fois, pas épargné, alors qu’il subit déjà les diminutions brutales de subventions accordées aux collectivités territoriales. Ceci n’est pas sans impacter directement les créations artistiques et culturelles.

Fort facteur d’insertion des jeunes de moins de 26 ans et des plus de 50 ans, les contrats aidés ont pourtant démontré leur capacité à fournir aux personnes les plus éloignées de l’emploi une activité professionnelle, contrairement aux formations sur lesquelles le gouvernement souhaite dorénavant miser. Au-delà de leur utilité sociale manifeste, les contrats aidés sont le moyen pour les petites entreprises d’optimiser les coûts liés à leur fonctionnement et donc de se développer afin, par la suite, de convertir ces contrats aidés en contrats de longue durée. La fin des contrats aidés marque ainsi la précarisation immuable de structures qui, de par leur taille et leur budget, luttent déjà pour défendre leurs intérêts.

Indispensables aux entreprises en démarrage et aux associations que Creature accompagne, les contrats aidés permettent à ces structures marchandes ou non d’assurer leur mission d’intérêt public qui, comme leur nom l’indique, sont à destination de tout-un-chacun. Les éradiquer, c’est dilapider encore un peu plus un secteur de ses forces vives, dans une période austère qui contraint chacun à y avoir de plus en plus recours. C’est imposer d’autant plus de limites à la création artistique, nuire à l’épanouissement de la culture, taper sur les doigts des petits au profit des grandes structures qui, elles, bénéficieront des compétences de travailleurs fraîchement formés.

Creature se joint ainsi à la multitude d’acteurs, culturels ou non, déjà touchés et impactés par cette décision afin de manifester fermement son engagement contre cette décision gouvernementale. Il s’agit d’inciter les autorités politiques en charge de cette réforme à considérer la fragilité économique des organismes bénéficiant des contrats aidés et pour qui leur maintien est une question vitale.